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Toutes les œuvres/20 septembre 2026

Jeu vidéo expérimental

More Money

Date
20 septembre 2026
Médium
Jeu vidéo expérimental
Détails
Jeu vidéo expérimental

À propos de l’œuvre

Jeu vidéo expérimental de Ricardo Mbarkho. Tous droits réservés, 2026.

More Money est un jeu en ligne expérimental qui interroge notre rapport à l’argent, à l’accumulation, au pouvoir et au contrôle. L’œuvre prend la forme d’une page web où le participant dirige un homme d’affaires en costume et cravate. Son objectif est simple : se déplacer, ramasser des pièces et faire monter le score en dollars. Il n’y a ni destination finale ni véritable victoire. Le jeu peut se poursuivre indéfiniment.

Le principe de l’œuvre repose sur l’accumulation. Chaque fois que le personnage ramasse une pièce, de nouvelles pièces apparaissent. L’acte de consommer génère de nouveaux objets à consommer. Si le joueur cesse de ramasser, la multiplication s’arrête aussi. Le système dépend donc de la participation du joueur. Il ne continue que parce que le joueur continue.

Au début, le jeu donne une impression de contrôle. Le personnage répond au participant, le score augmente et chaque pièce ramassée procure une petite récompense. Mais peu à peu, une autre logique apparaît. Plus le joueur accumule, plus il y a à accumuler. La progression ne mène à aucune fin. Elle produit une nouvelle exigence de progression.

Le score est affiché en dollars et devient un élément central de l’œuvre. Il donne une valeur visible à chaque action. L’accumulation d’argent apparaît comme une réussite, mais le jeu interroge cette idée. Le joueur contrôle les déplacements du personnage, mais pas la logique du système. Plus le score augmente, plus le mécanisme se répète.

Le son renforce ce processus. Chaque pièce ramassée produit un son bref et attrayant, inspiré des effets de récompense couramment utilisés dans les jeux vidéo. Ce son procure de la satisfaction et incite à la répétition. Il crée une relation simple entre action et récompense : ramasser, entendre, augmenter, continuer. L’œuvre utilise ce langage familier pour mieux l’interroger.

L’homme d’affaires devient la figure centrale de cette logique. Il représente la richesse, la réussite et le pouvoir économique, mais il est lui aussi prisonnier du même mécanisme. Il ramasse de l’argent, mais plus il en ramasse, plus l’argent apparaît. Son pouvoir est donc instable. Il semble maîtriser son environnement, alors qu’en réalité il reste dépendant d’un système qui en demande toujours plus.

L’œuvre interroge l’idée de liberté à l’intérieur du jeu. Le participant peut se déplacer dans différentes directions, mais l’objectif reste fixe. Le joueur est libre de se déplacer, mais pas de redéfinir les règles. La liberté apparente de mouvement existe à l’intérieur d’une structure qui pousse sans cesse vers la même action : l’accumulation.

En ce sens, More Money traite de la manière dont les jeux et les plateformes numériques organisent le désir. Ils incitent les utilisateurs à cliquer, ramasser, rivaliser, acheter, continuer et revenir. L’interaction s’inscrit dans une logique économique. Le jeu se lie à la récompense, à la répétition et à la consommation.

More Money invite le public à interroger notre rapport à l’économie, au pouvoir, au marketing, à l’idéologie, aux conventions sociales et aux systèmes numériques de récompense. L’œuvre demande si l’accumulation produit réellement du pouvoir, ou si le désir continu d’en avoir plus finit par produire une autre forme de dépendance.

L’œuvre laisse le joueur face à une question simple : quand le jeu réclame sans cesse plus d’argent, qui contrôle réellement qui ?

Mots-clésGame art. Net art. Art interactif. Capitalisme numérique. Accumulation. Résistance au pouvoir du jeu. Économie politique du jeu. Monétisation. Imaginaires du jeu vidéo. Game design critique.